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2006-08-03 AUX RACINES DE LA TRAGEDIE ISRAELO-ARABE

Posted by lezersbrieven sur 2006-08-03

Lettre envoyée à la Libre Belgique par un écrivain connu et pas publiée.

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Nathan WEINSTOCK (*)

AUX RACINES DE LA TRAGEDIE ISRAELO-ARABE

Des centaines de victimes, quelque 700.000 réfugiés civils au Liban, autant (même si, curieusement, on en parle beaucoup moins) en Israël : le Proche-Orient est à nouveau plongé dans les affres de la guerre… Et d’un conflit qui, contrairement à ce que l’on pense communément, s’apparente à une guerre civile. N’oublions pas, en effet, qu’indépendamment de sa minorité arabe – qui souffre des roquettes du Hezbollah et du Hamas au même titre que sur ses concitoyens juifs – la moitié de la population israélienne est originaire du monde arabo-musulman où elle était déjà implantée plusieurs siècles avant la naissance de l’islam. La situation faite à ces Juifs du monde arabe (au nombre de 900.000 en 1947) a été telle que moins d’1% est restée sur place. Aussi, n’est-ce pas un hasard si l’actuel ministre de la Défense israélien Amir Peretz est né au Maroc, si son prédécesseur, Shaul Mofaz – comme l’actuel Président de l’Etat hébreu – venait d’Iran, succédant à un titulaire du poste, Fouad Ben-Eliezer, d’origine irakienne.

Loin d’être une implantation occidentale, Israël s’insère donc tout naturellement dans la zone de population cosmopolite et bigarrée du Levant dont le Liban constitue une vivante illustration. Encore faudrait-il que les populations locales acceptent de reconnaître à ses habitants le droit à l’autodétermination qu’ils réclament très logiquement pour eux-mêmes, ce qui suppose le droit de vivre en paix à l’intérieur de ses frontières. Et voilà précisément où le bât blesse. En dehors de l’Egypte et de la Jordanie, les Etats et mouvements nationaux arabes n’ont pu se résoudre à reconnaître des droits nationaux aux Israéliens. Tout comme le Maroc les refusent aux Sahraouis ou les Soudanais aux populations du Dhofar. Le génocide perpétré naguère à l’égard des Arméniens, les massacres des Assyriens chrétiens, de même que quantité d’autres bains de sang interconfessionnels dont l’Irak actuel nous offre un terrifiant exemple illustrent ce refus constant de reconnaissance de l’Altérité qui parcourt l’histoire de cette partie du monde.

Il ne faut pas chercher ailleurs la source de la tragédie qui frappe aujourd’hui le Proche-Orient. Israël s’est retiré totalement de Gaza, permettant à un tiers de la population de Gaza de vivre librement, tout comme elle avait évacué dans sa totalité six ans auparavant le Sud-Liban. Logiquement, on aurait pu penser que le départ total des Israéliens marqueraient sur ces deux fronts la fin des hostilités. C’était oublier le refus de principe d’une culture pétrie dans le mépris du Juif tenu pour un sous-homme (au cours des années 1920 les manifestations arabes palestiniennes se déroulaient aux cris de al-yahudna kalabna  » Les Juif sont nos chiens « ) d’admettre l’existence d’un Etat des Juifs. Car c’est là l’idéologie du Hamas (qui refuse obstinément de modifier sa charte qui se fonde explicitement sur  » Les Protocoles de Sages de Sion « , grossier faux antisémite tsariste recyclé par les nazis) ou des militants du Hezbollah qui pratiquent le salut nazi. On aimerait d’ailleurs entendre s’élever quelques voix au sein de l’islam pour dénoncer cette pollution de leur religion par la haine raciste.

Extrémistes palestiniens et libanais, sollicités sans doute par Damas et Téhéran qui se trouvaient en fort mauvaise posture diplomatique, ont donc délibérément multiplié des provocations grossières pour détourner l’attention de leurs  » protecteurs « , prenant au dépourvu aussi bien les dirigeants palestiniens du Hamas que le gouvernement libanais. Si ces hommes politiques arabes avaient su manifester un minimum de Zivilcourage, de courage politique, d’amour-propre et de sens des responsabilités, ils auraient dénoncé la manipulation dont ils faisaient l’objet. Au lieu de cela, ils ont préférer céder à la tentation du populisme, s’identifiant aux agresseurs, se plaçant à la remorque des groupements dissidents et cautionnant leurs assauts. L’Autorité palestinienne se dérobe, hélas !, dès qu’elle est appelée à faire preuve d’autorité et le gouvernement libanais manque cruellement de vaillance lorsqu’il s’agit de dénoncer les intrigues chiites. Les populations du Proche-Orient paient le prix de cette lâchetémorale.

On peut difficilement contester à Israël le droit de réagir lorsqu’il sa population doit faire face à des actes de guerre qui n’ont même qui n’ont même pas l’excuse d’une provocation. Et ce d’autant moins que manifester la moindre complaisance envers ces assassinats, kidnappings et tirs de roquettes injustifiés revient à compromettre par avance tout retrait territorial futur qui sera nécessairement conditionné par un arrêt total des hostilités – et donc toute chance de paix.

(*) Auteur d’Histoire de chiens, Ed. Mille et Une Nuits, Paris 2005.

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